lundi 19 juillet 2010
The LEN PRICE 3 « Pictures » (CD, Wicked Cool Records) Dès les deux premiers titres vous êtes par terre ! Et comme les dix suivants sont du même tonneau (un Mouton Cadet, mon gars) ben, ça fait mal d’avoir raté ça avant (la 1èer fois que j’ai lus le nom des Len Price 3 ça remonte à plus d’une décennie, dans une chronique qui était déjà dithyrambique, mais comme un con je n’avais pas succombé à la tentation, ne faites pas la même erreur que moi). Entre Freakbeat, Garage Punk, Pop Sixties et Medway Beat (sans la lourdeur).
Pure english style. Parmi ce que les anglais savent faire de mieux, par un groupe au TOP !
Et dans tout ça des arrangements qui rendent chaque chanson UNIQUE ! Orgue, chœurs, cuivres, et même harmonica (ce que perso je supporte difficilement, mais là ça passe comme papa dans maman), etc., tout est là pour poser une ambiance qui sied parfaitement à chaque titre. Une belle production qui n’est pas envahissante mais (maximum) efficace. Sans oublier un beau boulot sur le gatefold du CD qui se déplie en trois volets.
Cet album du Len Price 3 il fait : PAN dans ta gueule !
http://www.myspace.com/thelenprice3
********* HOLY FUCK “Latin” (LP, CD, download, Young Turks Rds) Indie Rock qu’on croirait venir de Brooklyn (en réalité de Toronto). Très dansable (et donc banquable). Si vous avez aimé CAVE écoutés HOLY FUCK ! Si vous tripez sur Yeah Yeah Yeah, !!!, Liars et tout ce genre de trucs ayant des influences très variées et qui donnent un résultat résolument moderne, vous devriez être convaincu par Holy Fuck. Un album très catchy et qui est efficace dès la première écoute, mais qui en plus vieillit bien !!! Bel effort pour réaliser une pochette intéressante à regarder (même en CD)
http://www.theyoungturks.co.uk/ http://www.myspace.com/turkishdelights
http://www.myspace.com/holyfuck http://www.holyfuckmusic.com/
********* MICHAEL J SHEEHY and the Hired Mourners « With this hands, the rise and fall of Francis Delaney » (CD, Glitterhouse Rds)
J’ai découvert Michael J Sheehy avec l’album précédent le sombrement lumineux ‘Ghost on the motorway’. Et j’avais été abasourdi par leur concert au Ciel à Grenoble d’une beauté irréelle. Alors évidement ce nouveau disque il me le fallait. J’ai mis du temps mais le voilà entre mes oreilles. Comme le sous titre le laisse penser (the rise and fall of Francis Delaney) nous voici en présence d’un concept album, le thème la vie d’un boxeur. Voilà pour les textes et l’inspiration, maintenant la musique. Disons qu’on pourrait ranger l’inspiration de Michael J Sheehy et de sa bande quelque part entre Tom Waits, Johnny Cash, Nick Cave, et peut-être un peu 16 Horsepower (en tant bien meilleur à mon avis). Une certaine vision impure du blues, d’un certain folk, d’une certaines country, et aussi avec des touches qui semblent venir de son ascendance irlandaise (pas pour le côté folklorique, pour le côté profond et intense). Bref rien d’étonnant de trouver Michael J Sheehy and the Hired Mourners chez Glitterhouse Rds, car il ne dépareillent pas entre : Hugo Race, Walkabouts, Willard Grant Conspiracy, Wovenhand…
J’ai déjà fait l’acquisition de 4 albums du gars et de sa troupe, et en préparant cette chronique bonne surprise je découvre qu’il en existe 6 en tout. Chouette, plein de musique encore à découvrir ! D’autant que je n’ai jamais écouté son groupe précédent : Dream City Film Club. Donc encore du bonheur à venir !
http://www.myspace.com/michaeljsheehy
********* The BOPPIN’ GLIESERS “Gliese attack” (CD, Crazy Times Rds)
Les kids (le plus vieux à 24 ans) signent les14 chansons de cet excellent album de Rockabilly, un style où pullulent les reprises, mais eux ils ont confiance dans leur song writing et ils ont raison !
Fifties R’n’R avec aussi un poil de surf et de twang, un la pincée de gimmick bluesy et country qu’il faut… Et un rien de ‘Garage’ dans l’état d’esprit série B.
En fait tout ça semble tellement simple et naturel : des bonnes mélodies, des rythmiques pas statiques d’une chansons à l’autre, un bon chanteur et des chœurs quand il faut. Les Boppin’ Gliesers font ça naturellement, j’en viens à me demander pourquoi il y a si peu de groupes capables de se hisser à ce niveau !
En plus comme d’habitude chez Crazy Times Rds la réalisation de ce CD est superbe : son idéal, belle pochette et sobre gatefold. Du bon boulot e la part de tout le monde !
http://www.myspace.com/boppin39gliesers
http://www.crazytimesmusic.com/
********** ROTTEN EGGS SMELL TERRIBLE n°23 (48 pages A4, photocopiées, dispo contre 6 timbres auprès de Thierry Alcouffe, Mundorama, BP17, 12450 Luc la Primaube)
Je n’avais plus lu ce fanzine depuis une paire d’année et là j’en ai reçu trois d’un coup (merci Thierry, au sommaire du n°22 : TOMA KONTAGION, GUARAPITA, POGOMARTO, WSF, FLEURS, MAGNETIX, SKUDS & PANIC PEOPLE, AGENT ORANGE ZINE, CLONE, chroniques disques et zines). J’aimais bien le ton unique et la mise en page quasi ‘illisible’ des premiers numéros de Rotten Eggs Smell Terrible (superbe nom, non ?). Maintenant, la présentation de ce n°23 est toujours old school et brut, et Thierry aime mettre des phrases dans différents sens de lecture (j’aime bien aussi) mais c’est quand même d’une lecture plus ‘confortable’ que par le passé tout en conservant une esthétique forte ! Le gros morceau de ce n°23 c’est la très longue et intéressante interview (9 pages) du multi stakhanoviste Nasty Samy : musicien dans : The Black Zombie Procession et Teenage Renegade (et Teenage Mixtape, sa version acoustique), et de la basse dans The Last Brigade, il accompagne aussi en tournée un certain nombre de rockeurs étrangers qui débarquent par ici : SCOTT DELUXE DRAKE ou SIMON CHAINSAW (et co-édité le tout récent et excellent best of) ; il écrit aussi dans RISE le magazine vendu en kiosque consacré au tatouages ; à participé à la traduction et à l’édition de l’autobiographie de Kevin K (avec qui bien sûr il à joué) ; il tient un blog et réalise un mega-fanzine (imprimé une fois par an) ainsi qu’une émission de radio mensuelle de 2 heures, pour tous renseignements : http://www.likesunday.com). Un sur actif qui à une grande bouche et qui ‘assume !
Mais aussi dans Rotten Eggs Smell Terrible n°23 une interview des excellents Frustration + une du dessinateur Gome, un long entretient avec le batteur de Strong as Ten (qui fait du Hc / fast-core, si si) et qui tient aussi la basse dans Sioux (Punk Hc), une interview de Prince Ringard (troubadour punk français), une de Bibi Konstroy (organisateur de concert et animateur radio) + les obligatoires et indispensables chroniques disques, livres et fanzines !
J’ai adoré cette lecture, et je me réserve celle du n°24 pour plus tard dans l’été, même si le n°25 est en cours de réalisation…
Si vous cherchez une liste de VPC de fanzines orientés Punk / Hc etc. allez là : http://divergencedistro.blogspot.com
********** Cormac McCarty « Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme » (Editions de l’Olivier, 292 pages) Apparemment j’ai un problème avec Cormac McCarty. Le premier de ses romans que j’ai lu « Méridien de sang » m’était tombé des mains. On me l’avait sans doute sur vendu, et je n’avais pas adhéré au style, à l’histoire, à rien en fait. Nouvelle tentative de ma part avec ce « Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme », et ça commence mieux pour moi. Le style étant bien plus épuré que dans mes souvenirs, même s’il reste certains tics. Et l’intrigue s’engage beaucoup plus rapidement. Il me semble aussi qu’on y trouve moins de descriptions interminables. Mais je ne sais pas si c’est parce que je me suis trimbalé ce bouquin plus d’une semaine, ou si c’est parce que je ne l’ai pas aimé, mais j’ai dû me battre avec chaque page pour avancer. La construction poly narrative alourdit considérablement. Il y a plein de personnages, et tout est finalement resté très nébuleux pour moi. J’ai eu l’impression que Cormac McCarty en fait toujours beaucoup. En tout cas trop pour moi. Ce qui est d’autant plus dommage qu’il y a dans ce roman des passages réellement impressionnants. Les trois chapitres du début et les quatre de fin (bien que dans des styles et sur des thématiques très différentes) sont plutôt soufflants. Au moins amène-t-il son personnage vers une mutation de sa vie (en convainquant le lecteur). Mais entre… c’est dur. En revanche, et même si je trouve que dire qu’un écrivain à un style très cinématographique (ce qui n’est certes par le cas de Cormac McCarty, bien qu’il ait été déjà plusieurs fois adapté au grand écran) est une facilité de journaliste fainéant. Il faut reconnaître que déjà sur les pages on voit ce que ça donnera à l’écran. Tant, le lieu et certaines situations font partie de notre inconscient collectif, à cause du nombre de films américains qu’on s’est ingurgité. Même si une nouvelle fois je ne suis pas convaincu par un roman de Cormac McCarty je reste intrigué par cet auteur, son univers et sa capacité à changer son écriture. Je retenterai encore ma chance avec un de ces bouquins.
Bertrand Tappaz